POUVOIR D'ACHAT
LA BATAILLE IDEOLOGIQUE DE SARKOZY
VERBE HAUT MAIS POUVOIR D’ACHAT BAS, PAS UN EURO DE PLUS POUR LES TRAVAILLEURS, LE MEDEF EST EN JOUISSANCE
Lors de son intervention télévisée du jeudi 29 novembre le président Sarkozy a annoncé une série de thèmes de « relance du pouvoir d’achat », mais qui ne répondent pas à l’attente des salariés. Rappelons ici les principales mesures proposées, avant de les analyser :
Æ Le pouvoir d’achat, où il reconnaît qu’effectivement il existe un grave problème, il insiste encore lourdement afin de permettre aux salariés de travailler plus pour gagner plus, il appelle cela des augmentations de salaires, alors qu’il n’y a aucune augmentation de salaire puisque que ce sont des heures travaillées en plus, et que pour cela il faut en priorité que les entreprises aient de l’activité en plus…
Æ L’agenda social de 2008, où les organisations sociales seront reçues à la mi-décembre afin d’élaborer l’agenda des grandes réformes sociales de 2008, avec comment faire pour donner davantage de flexibilité aux entreprises, et en même temps donner davantage de garanties aux salariés ?
Æ Les 35 heures où il a proposé que les entreprises qui rempliront les garanties requises, puissent s’exonérer des 35 heures en échange d’augmentation de salaire, avec la « monétisation » des JRTT au travers d’un accord d’entreprise majoritaire entre les partenaires sociaux ;
Æ Les fonds de participation débloqués dans un délai de six mois, avec un plafonnement de 10 000€, ou pour les entreprises ne disposant pas de ces fonds une prime exonérée de toutes cotisations sociale ;
Æ Les prix et les loyers, avec une négociation sur les prix avec la grande distribution, mais quand on ne sait pas ? Avec la création d’in indice de pouvoir d’achat qui correspondrait enfin à la vie quotidienne des français, et pour les loyers une indexation sur l’indice des prix à la consommation, à un mois de loyer au lieu de deux pour réduire la garantie due par les locataires, avec la suppression de la caution ;
Le pouvoir d’achat, les gens attendaient des espèces sonnantes et trébuchantes, de la part du président, mais il n’y a plus de grain à moudre, car le silo a été vidé au mois de juin au travers du paquet fiscal pour les plus riches (7 milliards d’euros), les caisses sont vides, mais qui a dépensé 15 milliards d’euros ? Ceux qui pouvaient espérer un euro de plus, soit pour consommer, soit pour épargner, soit pour investir, rien de concret, rien d’immédiat. 45 minutes d’antenne pour le président n’auront rapporté pas un seul euro aux français. Alors que le revenu salarial stagne depuis trente ans (rapport INSEE), la France devient un pays de bas, voire de très salaire, avec 8 millions de travailleurs pauvres, touchant plus particulièrement les catégories de salariés des bas et moyens salaires, fait nouveau. Les travailleurs sont donc très déçus, car ils attendaient des mesures sur le coût du carburant, il n’y a rien, ils attendaient des mesures sur la prime pour l’emploi, il n’y a rien, sur une baisse des prix à la consommation, il n’y a rien, sur les dépenses contraintes qui grèvent fortement les salaires, il n’y a rien, sur le Smic, il n’y a rien, sachant que le Smic français est loin du peloton de tête au niveau européen, alors que l’étude INSEE confirme que le Smic est bel et bien le moteur de l’évolution de l’ensemble des salaires de notre pays…
L’agenda social, où le président va mettre en place une attaque en règle contre les 35 heures, le code du travail, le contrat de travail, etc, répondant à la lettre aux demandes et aux exigences du Medef, qui ont pour but la remise en cause de tous les acquis sociaux des travailleurs depuis la libération, c’est donc bien une revanche idéologique que veut le patronat et le gouvernement, et non pas faire des réformes utiles au pays…
Les 35 heures, en permettant aux entreprises de déroger aux accords de branche, Sarkozy engage une attaque sans précédent sur le travail hebdomadaire, on va désormais vers la fin de la semaine des 35 heures. Depuis 6 ans L’UMP n’a cessé de détricoter les 35 heures, sans que cela ne soit suivi d’effets bénéfiques sur l’emploi et le pouvoir d’achat. Sarkozy fait l’apologie du travailler plus longtemps, le dimanche, jusqu’à 65 ans, de ce fait, il détruit purement et simplement les 35 heures, revanche idéologique du Medef qui se félicite de pouvoir négocier au sein des entreprises, la suppression de la semaine des 35 heures. Que va-t-il se passer dans les entreprises dépourvues de syndicats ? Ajoutant à cela les mesures de « monétisation » des JRTT, ou du compte épargne temps, qui vont constituer une remise en cause de la durée légale du travail, et porter atteinte à la santé des travailleurs, bosser plus ou attendre que les prix baissent, voilà ce qu’on nous propose comme avenir ?
Les fonds de participation, au travers d’un déblocage anticipé, Sarkozy ne donnera que du pouvoir d’achat éphémère, et exonère les entreprises de leur responsabilité au travers des politiques de bas salaire, et du tout actionnaire, alors que les travailleurs étaient en attente d’une amélioration rapide de leur pouvoir d’achat en vue des fêtes de fin d’année, qui pour certains vont être arrosées de champagne et pour d’autres arrosées à l’eau du robinet ? Cela encourage de ce fait les salariés à puiser dans leur épargne pour consommer plus, sans pour autant gagner plus. Sans toujours le succès escompté : un précédent exemple en 2004, n’avait pas entraîné de rebond significatif de la consommation.
Les prix et les loyers, pour les premiers, rien de concret, des annonces de négociation sans aucune précision pour faire baisser les prix de la grande distribution, mais sans remise en cause des profits faramineux qu’engrangent ces groupes, seul point positif les mesures concernant le logement, plutôt bien accueillies par l’ensemble des partenaires sociaux, un maigre positif dans ce monde de brutes…
La question du pouvoir d’achat est la préoccupation majeure des salariés de la métallurgie, et du pays, le président de la république n’a pas pris en compte ces impatience, loin de là, les conflits dans nos entreprises se multiplient, et vont se multiplier dans les mois à venir…
L’essentiel des mesures annoncées consiste donc à inviter les travailleurs à puiser dans leurs économies – en tous cas pour ceux qui en ont – dans leur compte épargne temps, leur JRTT et leurs heures supplémentaires pour améliorer l’ordinaire…
Il n’y a aucune pression particulière sur les entreprises et aucun effort demandé aux actionnaires, ils peuvent dormir tranquille. Les efforts sont autofinancés par ceux qui sont déjà dans la difficulté, les travailleurs…
Nous devrons donc aller chercher nous même nos augmentations de salaires, par nos propres moyens, c'est-à-dire l’action et la mobilisation…
La Cgt Catu prend et prendra toutes les initiatives nécessaires pour faire s’exprimer le mécontentement des salariés Catu, devant l’autisme de notre direction, sur notre demande de prime, afin d’améliorer le pouvoir d’achat des bas et moyens salaires, y compris au travers d’une grève légitimée par l’attitude incompréhensible des dirigeants Sicame, qui eux vont s’octroyer une augmentation de dividendes conséquente, due à notre travail…