RELEVONS LA TETE

Publié le par marsaud sylvain

MEETING CATU              Syndicat Cgt Catu

Discours de Sylvain Marsaud

 

Journée mondiale pour le travail décent

7 octobre 2008

Les salariés du monde entier  agissent ensemble aujourd’hui, chacun à leur façon, sur un objectif revendicatif commun : « le travail décent ».

 

La période est marquée, comme rarement, par le mécontentement d’une majorité de la population et les attentes sociales. 62 % considèrent que le gouvernement applique une mauvaise politique économique et sociale.

Elle porte aussi la marque des inquiétudes dans un contexte économique fortement dégradé et une situation internationale préoccupante.

La crise financière actuelle est la plus grave qu’ait connue l’économie mondiale depuis des décennies. Elle mérite qu’on s’y arrête un moment. Elle est en effet inexplicable par la doctrine libérale et contredit tous les discours patronaux et gouvernementaux qu’on nous tient depuis des années.

Souvenez-vous : le développement des marchés financiers, la créativité financière sans fin, la multiplication de produits de plus en plus sophistiqués, toutes ces innovations formidables devaient diluer les risques et conduire à ce qu’on appelle une meilleure allocation des ressources. On nous présentait le taux de croissance relativement élevé de l’économie mondiale, le faible niveau des taux d’intérêts, l’abondance des liquidités comme autant de preuves de l’efficacité de la globalisation financière, autant de gages d’une croissance robuste et durable.

Et c’est au nom de cette prétendue efficacité que la finance a pris non seulement une place disproportionnée dans l’ensemble de l’économie mais qu’elle a prétendu dicter sa loi à toutes les activités. Les acteurs financiers ont pris la main dans la gestion des entreprises, les actifs financiers ont pris le pas sur les investissements en machines et en capacités de production, le cours de Bourse est devenu l’alpha et l’oméga de toute stratégie, les exigences des actionnaires la seule contrainte à satisfaire.

La contrepartie de cette « financiarisation » de l’économie, de cette recherche effrénée de hauts niveaux de rentabilité, nous la connaissons : c’est ce que nous vivons quotidiennement dans les entreprises. C’est la pression sur les salaires, l’emploi comme variable d’ajustement, l’aggravation des conditions de travail, la précarisation, la flexibilité, l’extension des horaires, la dévalorisation du travail dans le processus productif. C’est aussi la souffrance grandissante de millions de salariés.

Le « capitalisme financier » n’est qu’un des aspects du capitalisme tout court, ce capitalisme qui accumule des profits colossaux, privatise les richesses et qui en cas de difficultés demande à l’Etat de voler à son secours en nationalisant ses pertes pour que tout puisse recommencer comme avant.

Il y a une certaine duplicité de la part de certains responsables politiques et des gouvernements à chercher des coupables à la situation actuelle alors que ce sont leurs propres choix politiques qui ont contribué à la créer.

Pourquoi devrions-nous faire confiance à ceux qui nous ont conduit là pour trouver les bonnes solutions à la sortie de crise ? Ils ont été sourds à tous nos avertissements et nos mises en garde. Ils doivent maintenant entendre l’opinion des salariés qui ne peuvent pas, une nouvelle fois, être floués.

Ils doivent entendre les propositions syndicales.

Même là où il n’y avait déjà pratiquement pas de droits sociaux ceux-ci ont reculé sous les coups de boutoir du Capitalisme mondialisé.

Le capital financier est confisqué par les plus riches, les richesses nationales privatisées, les services publics démantelés, la productivité est augmentée au détriment des conditions de travail des salariés, qui entraîne accidents du travail en cascade, maladies professionnelles et même l’extrême les suicides comme chez Renault.

Sur toute la planète c’est le «moins disant social» qui est perpétuellement recherché, on emprisonne, on torture les syndicalistes, pour que les droits fondamentaux ne soient pas respectés, dommage que « les lumières » ne se soient pas exportés dans le monde entier !

70 % des salariés dans le monde n’ont aucun contrat de travail, aucune protection sociale, ni garantie d’emploi et sont en travail informel, pourquoi alors s’étonner que les entreprises françaises délocalisent à foison ?

50 % de la population mondiale dispose de moins de 1.50€ par jour pour vivre.

 

C’est bien parce que les salariés du monde sont confrontés aux mêmes fléaux générant précarité et pauvreté que le mouvement syndical a décidé de passer à l’offensive de manière coordonnée en faisant du 7 octobre une journée de luttes dans tous les pays pour le travail décent.

En France, 6 syndicats appellent toutes les professions sur l’ensemble du territoire à une mobilisation de grande ampleur :

·       Pour des emplois de qualité,

·       Des salaires revalorisés,

·       L’amélioration des conditions et de la durée du travail,

·       Pour une protection sociale et de retraite garantie et de haut niveau,

·       De services publics efficaces et contribuant à la cohésion sociale.

Jamais dans l’Histoire du monde, les richesses produites n’ont été aussi abondantes et leur partage aussi inégalitaires. Jamais notre pays n’a créé autant de richesses sur un laps de temps aussi court, jamais notre pays n’a été aussi riche qu’en 2008…

Toute l’activité industrielle et économique est orientée vers le seul profit financier au lieu de répondre aux besoins immenses de développement de l’humanité, afin que chaque pays puisse se développer économiquement et socialement et non être pillés par les grands pays industriels.

Cette situation est à la source de très nombreux conflits armés et du développement d’importantes tensions internationales. Rajouté à cela la crise financière des marchés spéculatifs, sans foi ni loi, et sans oublier la dégradation de l’environnement.

Nous voulons que ce soit les revendications des salariés, des chômeurs, des retraités et non celles du patronat qui occupent le devant de la scène.

La CGT vient de commander une enquête auprès des français. Leurs réponses sont sans appel :

à93 % attendent des changements du modèle social français mais ils ajoutent aussitôt que ce sont certains points qui doivent être réformés et non pas une mise en pièce généralisée,

à82 % considèrent indispensable que le gouvernement négocie les changements avec les syndicats.

C’est pourtant loin d’être le cas aujourd’hui comme vous le savez.

Qu’on cesse donc de nous faire des procès en immobilisme ou en contestataire permanents. C’est bien le contenu et la finalité des réformes qui sont en cause.

Nous voulons être une force aux côtés des salariés. Une force plongée dans le quotidien de leur travail. Une force construite par eux et pour eux. Une force qui fait de la solidarité un moyen d’action et de l’unité des salariés et des organisations syndicales une stratégie.

Et surtout on ne résoudra pas la crise sans augmenter les salaires.

Et qu’on ne nous fasse pas le coup des temps difficiles. Qu’on ne nous dise pas que le coût du travail est déjà trop élevé, qu’il est impossible d’augmenter les salaires, comme la Présidente du Medef l’a redit ce matin sur une radio.

Quand les profits battent des records, ce n’est pas le moment.

Quand les prix des carburants, de l’énergie, des loyers, des produits alimentaires flambent, ce n’est pas le moment.

Quand la croissance fléchit, ce n’est toujours pas le moment.

A les entendre, ce n’est jamais le moment.

Eh bien pour la CGT, c’est toujours le moment de lutter pour les revendications, surtout quand elles portent l’intérêt général.

Pour impulser cette nouvelle dynamique salariale indispensable à la solution des problèmes et au retour à la croissance la CGT propose désormais de porter immédiatement le Smic à 1 600 euros par mois.

Nous avons été attentifs aux propos présidentiels qui ont été diffusés depuis le « boulevard du Commandant Nicolas » ! Je n’invente rien, c’est l’adresse du Zénith de Toulon !

Depuis 500 jours qu’il est au pouvoir, son gouvernement n’a eu de cesse de satisfaire les revendications patronales : pour abaisser le coût du travail, accroître la flexibilité, étendre la précarité, déréglementer le temps de travail, contraindre les chômeurs à accepter un véritable dumping social.

Il a consacré des milliards d’euros à un paquet fiscal qui a permis aux plus riches d’échapper à l’impôt et de continuer à alimenter les marchés financiers. Il a non seulement manié l’injustice avec cynisme, creusé les inégalités, mais privé le pays des marges de manœuvres budgétaires nécessaires à la protection de notre pays et de nos emplois.

Il ne peut aujourd’hui prétendre n’être pour rien dans la dégradation d’une situation qui était prévisible et sur laquelle la CGT a maintes fois alerté. Si des salariés, qui avaient cru entendre dans les promesses du candidat à l’élection présidentielle que leur situation allait peut-être s’améliorer, ont de quoi déchanter, la CGT, elle, n’est pas surprise et ne compte pas dans le camp des déçus du sarkozysme.

En France, dans la métallurgie, 490 000 salariés (essentiellement des ouvriers de niveau I et II) sont rémunérés au Smic (1321,02 euros bruts).

En France, dans la métallurgie, le recours à l’intérim (8,5 %) (200.000 travailleurs) est en nette progression.

Il est le plus élevé par rapport aux autres secteurs et ceux indépendamment de la conjoncture économique générale du secteur, car emplois précarisés=droits sociaux affaiblis.

Les jeunes (- 30 ans) sont particulièrement touchés par la précarité. Le volume du travail en intérim, par an, dans la métallurgie, correspond à 157 120 équivalents temps plein, ce chiffre démontre le nombre d’embauches en CDI possible.

 

En France, dans la métallurgie, nous avons donc toutes les raisons d’agir aujourd’hui : Dans le journal « les échos », un article consacré à l’UIMM. Le titre : « L’UIMM entend continuer à faire fonctionner sa caisse antigrève ». Le capital de cette cagnotte est très confortable, en 2007, le magot représentait un potentiel boursier de 617 millions d’euros, mais avec la crise financière, il est aujourd’hui de 590 millions d’euros. Pour préserver l’avenir, le patronat de notre branche garde le magot qu’il dispache en trois :

ð            4.7 Millions d’euros pour éponger son déficit et pour approvisionner les frais dus aux décisions futures de la justice ;

ð            90 Millions d’euros iront à 2 de ces fondations pour la formation et la recherche ;

ð            Le reste de pactole demeure destiné à une mutualisation pour couvrir les risques via les conflits, en deux mots une « CAISSE ANTI GREVE ».

Les derniers mois ont vu la flambée des prix des produits alimentaires, du logement, des carburants. Avec le renchérissement des loyers et des coûts d’accession à la propriété, le poste logement engloutit entre un quart et un tiers de revenus des ménages. Il manque près d’un million de logements sociaux ou économiquement accessibles et pourtant c’est le moment que choisit ce gouvernement avec la Loi Boutin pour prétendre ponctionner le 1% Logement et remettre en cause sa gestion paritaire.

Concernant les mesures pour la prise en charge des frais de transport domicile travail, elles ne sont aucunement à la hauteur des problèmes auxquels sont confrontés les salariés du fait de l’augmentation des prix des carburants. La généralisation du remboursement de 50 % des titres de transport collectif présente un réel intérêt. Par contre, la prime « essence » resterait aux seuls bons vouloirs des employeurs. Sans mobilisation dans les entreprises, cela restera virtuel comme dans le précédent dispositif.

Je vous signale, par exemple, que les salariés de GTM dans la construction ont arraché : une prime transport couvrant 40 % de leurs frais d’essence.

Depuis le début de l’année et singulièrement en cette rentrée, nous avons plusieurs exemples de luttes victorieuses dans les entreprises.

Je pense à l’imprimerie Helio Corbeil où la lutte menée depuis 18 mois permet le maintien de l’activité malgré la volonté de la multinationale Quebecor de stopper la production.

Je pense à la SNECMA Gennevilliers. C’est 150 euros d’augmentation après plusieurs jours de grève,

Ou encore à cette entreprise de transport à La Courneuve où les salariés obtiennent un rappel sur 7 ans des majorations des heures de nuit et une prime d’un demi mois de salaire.

Vous connaissez sans doute d’autres exemples de luttes sur les salaires et sur l’emploi qui se traduisent par des résultats concrets, immédiats et significatifs pour les salariés concernés.

Oui la mobilisation collective cela paye !

Pour l’augmentation immédiate de l’ensemble des salaires et des minima conventionnels, nous vous proposons d’ailleurs le lancement d’une nouvelle campagne revendicative salariale chez Catu face aux augmentations incessantes des prix et des produits pétroliers, car ce que nous avons obtenus par l’action au mois d’Avril 2008, est dès à présent dilué dans ces augmentations. Le chiffre d’affaire Catu ne cesse d’augmenter d’année en année, je rappelle ici le chiffre prévisionnel de la direction pour 2008 de 31 millions d’euros, alors que les propositions salariales sont alignées sur un indice fictif ne correspondant pas à la réalité économique et sociale, nous rappelons ici qu’au départ la direction Catu s’était alignée sur l’inflation Sicame (1.7%), grâce à nos actions revendicatives, que nous sommes les seuls à mener au sein du groupe Sicame, nous avons obtenu largement plus, et le Pdg Sicame a été obligé d’admettre que la vie en région parisienne est plus chère qu’en province. Alors que pendant ce temps, les dividendes des actionnaires de notre groupe augmentent de plus de 14% pour 2007. Cette situation ne peut plus durer et la direction doit répondre à notre proposition d’un ajout au 13ième mois, sur le virement du mois de décembre de 300.00€ NET (57 564€ soit 0.001% du CA prévisionnel), en toute honnêteté une pacotille pour Catu…Avec bien sur pour l’année 2009, et notamment pour les NAO une augmentation générale qui corresponde aux pertes de pouvoir d’achat, et calculée sur la valeur ajoutée Catu…

 

Pour le maintien et le respect des 35 heures, mais aussi contre l’application de la loi d’allongement de la durée du travail, et notamment du forfait jour pour les cadres qui supprimerait leurs JRTT et de certaines catégories de salariés autonomes, suite à notre action du mois de Juillet 2008, avec la pétition signée par plus de 110 salariés Catu, déposée à la direction et lui demandant de maintenir l’accord 35H chez Catu, celle- ci s’est engagée à ne pas dénoncer l’accord 35H, pour le moment, car cet accord permet à chacun des partenaires sociaux de s’y retrouver, puisque économiquement l’entreprise n’a fait que se développer, et socialement les salariés Catu  passe plus de temps avec leur famille, leur permettant un temps de repos plus large qui permet une meilleure productivité, donc plus de chiffre…

 

Pour la transformation des emplois précaires en emplois durables, nous avons demandé au dernier CE que la direction embauche les intérimaires le désirant, qui sont chez catu depuis des mois, et qui ont été formés de ce fait par l’entreprise, au travers du savoir faire de leur collègues d’ateliers ou de services. Catu est une entreprise avec une masse salariale très faible sur le chiffre d’affaire, et face à l’augmentation du CA, il faut créer des emplois partout où il y a des besoins…

 

Pour la création d’un véritable statut du salarié, de reconnaissance des qualifications et classifications et évolutions de carrière, nous demandons à la direction que chaque salarié qui rentre chez Catu, ou pour tous les salariés en CDI temps plein chez Catu, que leur salaire en terme d’évolution puisse doubler sur l’évolution de leur carrière à l’entreprise, cela entraînerait bien entendu une évolution de leur coefficient (un exemple : un salarié embauché au coefficient 170, devrait terminer sa carrière au coefficient mini 335)…

 

Pour le droit à une retraite et à une protection sociale décente, calculée sur 75% du dernier salaire brut, alors que le gouvernement prépare un rallongement de la retraite à 62 ans voire plus, pendant ce temps l’argent coule à flot, certains patron partent en retraites avec des sommes d’argent de près de 4 millions d’euros, alors que des retraités et souvent des femmes n’ont même pas 300.00€ par mois de pension de retraite, où est l’équité, ou dans notre branche L’UIMM qui détourne plus de 590 millions d’euros sur les bénéfices produits par les salariés de notre branche, et qui sont en train de regarder comment ils vont la répartir ? De qui se moque t-on, de l’argent il y en a pour financer la protection sociale et permettre à chaque salarié de prendre sa retraite à 60 ans…

 

Pour une véritable égalité hommes/ femmes, et non pas seulement qu’en terme de salaire, qui bien entendu doit correspondre aux mêmes rémunérations que les hommes au même poste, mais aussi en terme de qualification, classification, conditions de travail et d’accès à l’ensemble des postes de l’entreprise…

 

La direction Catu est donc prévenue, il y a une forte attente salariale dans l’entreprise, et elle ne pourra pas tergiverser, ni se cacher derrière Sicame, elle devra répondre à notre revendication, auquel cas une action sera engagée au mois de Décembre 2008, pour faire valoir et aboutir notre revendication…

 

Merci de votre participation, je compte sur vous tous pour le moment venu faire pression sur la direction afin de faire valoir nos revendications, encore une fois merci…

Pour ceux qui le désirent un grand rassemblement aura lieu ce soir à partir de 17H00 place des droits de l’homme à Paris, vous y êtes tous invités…/…  

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