EDITO DU JOURNAL L'ELECTRON LIBRE DU SYNDICAT CGT CATU
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BAGNEUX LE 23 JANVIER 2007
En ces temps où les vitrines des grands magasins offrent à voir l’extraordinaire palette de ce qui se fait de mieux en matière de gastronomie, de technologie, de rêve, l’action des « enfants de Don Quichotte » du canal Saint-Martin à Paris peut paraître dérangeante.
Elle présente l’inconvénient ou l’avantage, c’est selon, de replonger brutalement le pays dans la réalité. Celle d’une France qui continue de rejeter et de mettre à la rue des hommes et des femmes qui ne demandent pour la plupart qu’à retrouver leur place dans la société. Car le plus dérangeant de ce combat social est de mettre l’accent sur une réalité : les populations de SDF ont changé.
Cela fait bien longtemps que ne sont plus majoritaires ceux et celles qui choisissaient la rue pour rompre volontairement avec une société dont ils ne partageaient plus les codes, les convenances, les contraintes.
Ceux qui viennent grossir le flot des SDF sont des hommes et des femmes, des salariés dont la vie a basculé à la suite d’un accident de la vie (qui peut arriver à chacun de nous) : un divorce, un licenciement, des dettes qui s’accumulent, des loyers qu’il est impossible de payer.
Mais aussi tous ceux qui, en raison de rémunérations trop faibles ou trop aléatoires, précarités obligent, ne peuvent faire face à l’envolée des loyers ou répondre aux garanties toujours plus exorbitantes exigées par les bailleurs. Qui peut sans crainte se croire définitivement à l’abri ? Si peut-être les patrons qui gagnent 300 fois le Smic ? Les études témoignent que le nombre de ceux qui se retrouvent sur « le fil du rasoir » ne cesse d’augmenter en proportion.
Le vrai scandale n’est pas que des millions de personnes non qualifiées soient interdites d’emplois par des entreprises accablées de charges et dissuadées de recruter (comme l’a déclaré un éditorialiste du Figaro), ni de soi-disant privilèges de certaines catégories de travailleurs, le vrai scandale tient à la faiblesse des revenus, aux licenciements, décidés par des entreprises soumises aux seuls objectifs de profits exigés par leurs actionnaires.
Il tient au niveau des loyers, à l’insuffisance de logements et particulièrement de logements sociaux. Disposer d’un travail, d’un logement, avoir une vie décente, être un véritable citoyen, est-ce courir après des moulins à vent ?
Sylvain Marsaud
BAGNEUX LE 23 JANVIER 2007
En ces temps où les vitrines des grands magasins offrent à voir l’extraordinaire palette de ce qui se fait de mieux en matière de gastronomie, de technologie, de rêve, l’action des « enfants de Don Quichotte » du canal Saint-Martin à Paris peut paraître dérangeante.
Elle présente l’inconvénient ou l’avantage, c’est selon, de replonger brutalement le pays dans la réalité. Celle d’une France qui continue de rejeter et de mettre à la rue des hommes et des femmes qui ne demandent pour la plupart qu’à retrouver leur place dans la société. Car le plus dérangeant de ce combat social est de mettre l’accent sur une réalité : les populations de SDF ont changé.
Cela fait bien longtemps que ne sont plus majoritaires ceux et celles qui choisissaient la rue pour rompre volontairement avec une société dont ils ne partageaient plus les codes, les convenances, les contraintes.
Ceux qui viennent grossir le flot des SDF sont des hommes et des femmes, des salariés dont la vie a basculé à la suite d’un accident de la vie (qui peut arriver à chacun de nous) : un divorce, un licenciement, des dettes qui s’accumulent, des loyers qu’il est impossible de payer.
Mais aussi tous ceux qui, en raison de rémunérations trop faibles ou trop aléatoires, précarités obligent, ne peuvent faire face à l’envolée des loyers ou répondre aux garanties toujours plus exorbitantes exigées par les bailleurs. Qui peut sans crainte se croire définitivement à l’abri ? Si peut-être les patrons qui gagnent 300 fois le Smic ? Les études témoignent que le nombre de ceux qui se retrouvent sur « le fil du rasoir » ne cesse d’augmenter en proportion.
Le vrai scandale n’est pas que des millions de personnes non qualifiées soient interdites d’emplois par des entreprises accablées de charges et dissuadées de recruter (comme l’a déclaré un éditorialiste du Figaro), ni de soi-disant privilèges de certaines catégories de travailleurs, le vrai scandale tient à la faiblesse des revenus, aux licenciements, décidés par des entreprises soumises aux seuls objectifs de profits exigés par leurs actionnaires.
Il tient au niveau des loyers, à l’insuffisance de logements et particulièrement de logements sociaux. Disposer d’un travail, d’un logement, avoir une vie décente, être un véritable citoyen, est-ce courir après des moulins à vent ?
Sylvain Marsaud
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