HONTEUX LICENCIEMENTS CHEZ AIRBUS

Publié le par marsaud sylvain

EDITO du Journal syndical du syndicat Cgt Catu l'électron libre, mois de Mars 2007
BAGNEUX LE 20 MARS 2007
EADS Faire reculer les prédateurs financiers
Le syndicat Cgt CATU apporte son plein soutien aux salariés d’AIRBUS et d’EADS, confrontés à un plan sans précédent de restructuration…
Le syndicat Cgt CATU apporte son plein soutien aux salariés d’AIRBUS et d’EADS, confrontés à un plan sans précédent de restructuration. L’écho de cette situation est grand chez tous les travailleurs français et européens pour qui les succès du groupe d’aéronautique en font un fleuron représentatif de la maîtrise des hautes technologies. Au-delà d’AIRBUS et EADS, chacun a le sentiment que se joue dans les jours et mois à venir une partie de l’avenir industriel européen.
Le choix des suppressions massives d’emplois à EADS et de la cession de plusieurs usines en France et en Allemagne, est un non-sens. Non seulement il n’y a pas de sureffectifs dans l’entreprise mais il manque plus sûrement des hommes et des femmes pour assurer les 6 ans et demi de commandes engrangées, et développer les nouveaux produits attendus par les clients au-delà de 2012.
La crise d’EADS est donc d’abord de nature financière. Le problème en premier lieu est bien sûr celui du financement des investissements de moyen et long termes. Mais celui-ci n’est pas insurmontable. Il est aujourd’hui rendu difficile en raison des exigences des actionnaires privés, essentiellement des fonds d’investissements et de pension, qui ne font que de la stratégie financière, et qui ne s’intéressent pas vraiment à l’avenir de l’entreprise.
Il faut dès lors être clair et présenter une solution alternative qui réduise la pression des prédateurs financiers sur les ressources du groupe. Pour la Cgt, il faut un poids plus grand de l’actionnariat public dans le capital d’EADS. Cela concerne la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Espagne et correspond bien à la nature du pacte politique et économique à l’origine de l’entreprise. Elle est une nécessité pour retrouver l’indispensable indépendance à l’égard de tiers dans le domaine de l’aéronautique civile et militaire.
La reprise d’actions peut se faire à la fois par la puissance publique, par des institutions financières parapubliques et par des collectivités territoriales. Cette plus grande maîtrise permettra de réduire les prélèvements abusifs des actionnaires actuels. Elle aboutira à augmenter les ressources disponibles et permettra une reprise de la politique d’emprunt. AIRBUS, EADS auraient ainsi les moyens financiers de leur développement, et de leur investissement…
Cette solution, qui n’est pas contraire aux règles européennes, permettrait de maintenir la base industrielle dans chacun des pays, de préserver les compétences technologiques y compris chez les sous-traitants, de soutenir la filière aéronautique européenne en participant à la mise sur pied d’une véritable politique industrielle dans ce secteur en Europe, face à la concurrence de BOEING…
C’est sur cette base que doit s’ouvrir un dialogue constructif entre les syndicats et les pouvoirs publics des différents pays européens concernés. L’intervention et la mobilisation unitaires auxquelles appelle la Cgt vont constituer les moyens indispensables pour en créer toutes les conditions.
Sylvain Marsaud
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